Depuis 2007 j'administre un site internet qui met en relation des patients francophones avec des cliniques dentaires dans 7 pays, dont la Hongrie et le Maroc. Je ne suis donc pas du côté des dentistes français ou de quelque pays que ce soit.
Nous faisons aussi la communication internet de sociétés de matériel dentaire, des dentistes français, étranger... Bref notre principale activité est la communication internet dans le domaine dentaire pour le public et les professionnels.
Vous devez donc comprendre que mon discours est objectif puisqu'il ne me sert pas, au contraire.
Internet ne reflète pas ce que je cotoie au quotidien, l'information est parfois biaisée, et nous n'avons pas envie d'être mêlés à ce genre de communication.
On peut être "commercial", c'est un des mes rôles, entre guillemets, et rester honnête avec les gens, surtout quand ils ont un problème de santé.
Pour répondre à votre remarque sur le taux d'échec :
Un implant qui ne s'est pas osteointégré ce n'est pas grave. Par contre des implants ou un bridge posés de travers c'est autre chose. Sans parler d'un comblement de sinus qui n'a pas pris.
1 implant sur 100 est rejeté disons.
5 implants en moyenne par patient.
Soit 1 patient sur 20 a une complication implantaire.
Il faut compter aussi les complications au niveau de la prothèse et de la chirurgie.
Cela ne devrait pas se calculer ainsi, c'est juste pour donner une idée.
Autre sujet qui me fait dresser les cheveux sur la tête : les tarifs.
Les patients demandent le plus souvent "combien coûte un implant". Les cliniques et intermédiaires l'ont compris et baissent alors le prix de l'implant et augmentent celui du pilier (élément prothétique que le patient ne connait pas généralement), ou bien ajoutent des frais annexes, ou encore utilisent des implants "premier prix".
Autre accroche marketing : la consultation en France.
Si la cas est un peu complexe et que le patient demande un devis à 5 cliniques différentes, il y a de fortes chances qu'il ait 5 plans de traitement différents. L'avis du dentiste en France ne serait donc pas forcément le même que celui du dentiste à l'étranger.
L'idéal pour le patient et pour le dentiste à l'étranger serait une consultation préalable, à l'étranger. Investissement : 2 jours et 250 euros maxi.
Ce n'est pas grand chose pour une personne qui souffre de problèmes dentaires depuis des années et dont le coût global du traitement à l'étranger est souvent supérieur à 5000 euros. Pourtant les patients sont réticents car c'est un voyage et 250 euros supplémentaires.
Si la communication allait majoritairement dans ce sens, ce serait dans l'intérêt du patient et du dentiste.
Exemple de "bavure" :
Une dame en France a eu une greffe osseuse sur tout le maxillaire supérieure. Durant l'intervention le chirurgien l'a informé qu'il fallait poser les 8 implants dans cette même séance.
Le dentiste qui l'a reçue quelques mois plus tard pour faire la prothèse n'a rien pu faire car les implants posés mesurent que 8mm de long et la patiente d'origine maghrébine a des dents longues. Cela risquerait de ne pas être durable. Il aurait été possible de poser au moins 6 implants de 12mm.
Quelle solution maintenant ? Déposer les implants et en reposer ? Poser de nouveaux implants et ne pas utiliser les autres ? Quel recours ?
C'est rare, je vous l'accorde, mais les conséquences sont graves; celui ou celle à qui cela arrive n'en sortira pas indemne psychologiquement. Et rare sont les dentistes qui acceptent de reprendre des cas compliqués (au niveau dentaire et psychologique) comme celui-ci.
Les patients qui ont eu des complications à l'étranger ont honte et n'en parlent pas sur internet. Quelques uns seulement hurlent sur les forums.
Voilà. J'espère que ces informations, sans vouloir effrayer les patients, les feront plutôt réfléchir sur certains points et leur seront utiles dans leurs recherches et démarches.